Wednesday, August 13, 2008

Promesses

Suite de la petite semaine…

Nous avons donc emmené notre fils à l’hôpital pour des radios de contrôle et un bilan après son accident.
Et la aussi, l’Amérique nous a sauté au visage.
J’arrive avec mon accidenté, un policier ou un garde de sécurité (ce sont tous des cow boys ) nous accueille, juste pour nous mettre la pression pour la place de parking.
Une infirmière vient nous chercher et nous installe dans une salle de « triage ».
La première question n’est pas de s’enquérir de notre santé mais de nous demander si nous sommes assurés et de le prouver. La vérification de la validité de notre couverture est flagrante et presque obscène.
Après s’être r-assurée ( ah ah ), elle nous pose les questions habituelles sur notre état civil, la raison de notre venue et les circonstances de l’accident.
Une autre infirmière nous prend en charge et nous emmène au centre pédiatrique, eh oui, les enfants jusqu'à 21 ans sont obligatoirement suivis par des pédiatres. La taille et le poids n’ont rien à faire avec la médecine. Ils ont moins de 21 ans, ce sont des enfants, ils doivent être suivis par des pédiatres, point !
Après avoir rempli les mêmes papiers qu’à l’accueil, un petit espace nous est alloué en attendant un médecin qui sera précédé par un radiologue.
Comme la vérification de notre assurance a été fructueuse pour cet établissement, nous resterons plus longtemps et serons mieux ou en tout cas plus soignés.
Entre deux, une infirmière « administrative » me présentera des tas de décharges en cas d’accident.
Après une petite heure, nous ressortons rassurés, le pied n’est pas cassé et l’enfant bien que choqué, va bien au dire des toubibs.
Je suis content. Et puis, une pensée me travaille.
C’est vrai qu’il va bien mais personne, ni toubib ni infirmière ne l’a touché, tâté, palpé. Toutes les consultations se sont faites visuellement et oralement. Le diagnostique n’a été définitif qu’après les radios. Bizarre, non ?
Ma liasse de papier -les doubles que j’ai signés- à la main je retrouve ma voiture et mon cerveau se met à flâner sur le thème de « et si je n’avais pas eu une aussi bonne assurance » ou « et si je n’avais pas eu d’assurance du tout », et encore « et si l’enfant avait la rate qui se dilate ».
Ici les assurances font la médecine. Ce sont elles qui commandent. Elles ne se préoccupent pas de savoir si vous avez besoin d’un 2eme scanner après le premier si ce n’est pas dans votre protocole d’assuré.
Les compagnies se chargent de votre état de sante. Vous avez déjà eu des rayons, vous devriez être soigné, nous ne vous rembourserons pas la deuxième séance et ce n’est pas le docteur Mâchepro qui va faire la loi, ce n’est qu’un toubib pas un statisticien : 80% des cancers sont en rémission après la première séance. Dommage si vous faites partie des 20%... Ca n’entre pas dans nos calibrages.
« C’est nous qui payons, c’est donc nous qui décidons ! »
Ainsi va la médecine ici, pardon les assurances. Ainsi est la couverture sante privée.
Ne me dites pas que Sarkozy vous l’a promise…

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